J’insuffle une dynamique territoriale

Pourquoi insuffler une dynamique territoriale ?

L’année 2021 signe un important virage dans la relation aux autres. En effet, crise sanitaire et confinement ont considérablement modifié le quotidien des français et des humains. Les impacts sont flagrants pour le tourisme car les modes de consommation du voyage et du loisir ont nettement évolué en un court laps de temps. Otons le masque, soufflons quelques instants afin de prendre le temps et comprendre les incidences profondes que ces derniers mois ont provoquées dans le milieu touristique et institutionnel. Nous verrons aussi ce qu’il est possible de faire dans dix heures, dans dix mois, dans dix ans…

Le séminaire des directeurs et directrices des Organismes Gestionnaires de Destination (OGD) de la Nouvelle-Aquitaine de juin 2021 a tenté de se pencher sur cette épineuse intention : “les OGD, acteurs de leur propre changement” !

Quatre rendez-vous simultanés aux quatre coins de la région ont rythmé et animé ce débat. 

Dans cet article, nous allons nous attacher à nous faire le relai des échanges inspirants sur la thématique “J’insuffle une dynamique territoriale”. La présence Julie Touya et son Comptoir Local et de quatre chefs d’entreprise de l’Agglomération Limoges Métropole, membre du collectif Limoges act, aux côtés des offices de tourisme ont permis d’enrichir nettement la discussion. 

Les OGD et le territoire, quels constats faisons-nous ?

L’article “Je me questionne sur le sens de mon travail et ma posture de manager” montre que le constat est sans appel. Il est apparu qu’il est important de prendre soin de sa propre qualité de vie au travail. Durant l’atelier avec les directions présentes à La Borie en Limousin (Solignac en Haute-Vienne), nous nous sommes demandé ce qu’il en était au niveau territorial. Le parallèle était tout trouvé : comment prendre soin de la qualité de vie au travail territoriale (QVTT) ?

Il est essentiel de prendre soin de la QVTT

Pas moins de dix constats sont apparus comme nécessaires aux OGD pour influer voire insuffler une dynamique territoriale :

  • Porter des valeurs et un sens commun. C’est avoir des objectifs clairs et partagés afin d’être utile au territoire.
  • Avoir des acteurs attachés à leur territoire. C’est veiller au fait que les décideurs, les entreprises, les salariés, les habitants sont tous sur le même navire, que les actions doivent servir à tous et qu’il est nécessaire de communiquer fièrement dans cette direction.
  • Être un collectif. C’est travailler ensemble dans la confiance, accepter la diversité des personnes et des opinions, c’est nourrir l’envie de faire ensemble et d’être créatif.
  • Porter une envie de transformation. C’est favoriser le temps d’introspection et de lâcher-prise pour que les choses se fassent naturellement.
  • Reconnaître le droit à l’erreur. C’est avant toute chose oser, tenter et initier sur son territoire.
  • Commencer par le début. C’est savoir que le chemin est difficile, qu’il faut travailler sur ses propres postures et se questionner sans cesse.
  • Accompagner le changement. C’est créer le déclic, créer la prise de conscience collective et porter une initiative politique au sens noble du terme.
  • Rythmer les avancées territoriales. C’est prendre du recul, adopter une certaine lenteur pour construire durablement.
  • Se former sur des méthodes d’intelligence collective et maîtriser les bons outils. C’est monter en compétence sur le rôle de facilitation et de médiation.
  • Regarder vers l’avenir. C’est œuvrer pour une vision partagée commune et être un modèle localement pour les élus et les acteurs locaux.

Roulez lentement, je suis pressé” (Churchill à son chauffeur)

Les OGD ont toute la légitimité

Néanmoins, la place des OGD n’est pas formellement reconnue pour mettre en application ces principes que l’on peut qualifier de fondateurs pour la mission régalienne de “coordination des acteurs locaux du tourisme”. A ce propos, un tour sur notre centre des ressources peut compléter cette lecture sur l’animation de son réseau de prestataires et le management avec notamment le parcours entract.

Cinq leviers à activer pour insuffler une dynamique territoriale !

Fort de ces contacts, les OGD ont les moyens d’agir sereinement et durablement. Cinq principaux axes ont émergé du collectif.

  1. Amener le changement
  2. Co-construire les valeurs et l’éthique du territoire
  3. Prendre le temps de faire valider les avancées
  4. Fédérer dans la durée
  5. Faire savoir

Les OGD amènent le changement

Premièrement, pour amener le changement, le temps long est nécessaire. Les propositions concrètes réalisables à court et moyen terme ne sont pas simples. En revanche, c’est sur l’engagement à long terme que tout le monde s’est accordé. De plus, des lacunes en matière de pratiques d’intelligence collective et de méthodologie de projet sont reconnues de tous. Ce premier levier repose donc sur l’obligation de changement de paradigme en se formant et en étant coachés dans ces deux domaines en particulier.

Les OGD co-construisent les valeurs et l’éthique du territoire

Dès à présent, cet axe fonde l’importance de réaliser un diagnostic et de questionner l’écosystème territorial en place. Dès lors que les éléments factuels sont connus, les actions réalisables à moyen et long terme permettent d’identifier le périmètre d’actions, d’identifier les personnes clés qui nourriront le projet, d’identifier réellement les freins localement. Il est apparu essentiel de travailler collectivement tant les valeurs des organisations elles-mêmes en interne que les valeurs propres au territoire pour réussir à s’entendre et parler le même langage.

Les OGD prennent le temps de faire valider les avancées de la dynamique territoriale

Une place pour chacun et chacun à sa place… En effet, il ne suffit pas de décréter une dynamique territoriale, il est vital que tous les acteurs y contribuent afin de la faire vivre. Tout ce processus de concertation est à planifier dans le temps. Ce travail de calendrier constitue la phase à réaliser à court terme. Prendre bien le temps de faire les choses réside ensuite dans plusieurs actions à moyen et long terme. Ainsi, le collectif a recensé six actions majeures gageures de réussite : se faire accompagner afin de faire adhérer l’ensemble de l’équipe, faire valider tous les jalons de la démarche par la gouvernance de l’OGD, se mettre d’accord sur les objectifs du territoire, décliner les valeurs du territoire au travers un plan d’actions, définir un nombre restreint d’indicateurs et organiser un séminaire pour les élus.

Les OGD fédèrent la dynamique territoriale dans la durée

C’est autour de ce levier que se traduit la réussite de toute démarche territoriale : maintenir conviction, enthousiasme et énergie dans la longévité. A court terme, l’identification des acteurs locaux est venue comme une évidence dans le but d’engager les bonnes volontés dès le démarrage des projets. Ainsi, une fois cette “cartographie” réalisée, il est proposé de sonder les différents acteurs locaux sur où ils se situent dans la vie du territoire afin de créer un collectif évolutif qui peut se reconnaître dans une charte ambassadeur et utiliser des codes communs autour de leurs valeurs.

Les OGD communiquent et font savoir

La communication autour d’une telle démarche revêt un caractère particulier car la dynamique s’opère doucement et la perception des avancées est différente d’une personne à une autre et d’une organisation à une autre. Néanmoins, une fois la démarche bien engagée, l’idée de créer un plan de communication qui met en valeur les initiatives locales et les ambassadeurs est jugée capitale. Cerise sur le gâteau, il apparaît utile qu’un lieu soit le repère de la dynamique territoriale afin de s’en faire l’écho.

Merci aux contributeurs

Anne-Marie Spitz (Limoges Ibis Centre), Nicolas Lefrère (Zoo, Parc du Reynou), Philippe Mazière (Célios), Laurent Duquerroy (Tripnity), Cécile Lepoutre (Lascaux Dordogne Vallée Vézère), Manon Bourget (Pays du Haut Limousin), Stéphanie Bonnaud (Monts du Limousin), Julie Touya (Comptoir Local destination Aunis Marais Poitevin), Yves Buisson (Terres de Limousin), Clotilde Cassot & Lucas Nadot  (Limoges Métropole), Anne-Lise Brandizi (Porte Océane du Limousin), Camille Lachèze (Vallée de la Dordogne), Frédérique Oudot (Vassivière), Céline Rivière (Sud Vienne Poitou),  Charlotte & Florent (Mona)

Pour aller plus loin

Tout sur Limoges act (la démarche, la boite à outil et les ressources)

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