Le Grand Ramdam des Tiers-Lieux

Le Grand Ramdam, c’est le rendez-vous biennal des Tiers-Lieux, organisé par la Coopérative, animatrice du réseau. Régulièrement, sont organisés des Petits Ramdams localisés et thématisés. Si la notion de Tiers-Lieux ne vous parle pas, pas de panique. Voici une petite séance de rattrapage

> Les tiers-lieux font du tourisme

Lire le dernier article de la Coopérative des Tiers-Lieux sur le sujet !

Lire l'article

> Lire le rapport de la Mission Coworking paru en 2018

« Faire mieux pour mieux vivre ensemble », tel est le nom du rapport rédigé en 2018. Etat des lieux de la dynamique des tiers-lieux en France, qui propose des solutions pour leur développement à venir. On y parle évidemment souvent de tourisme et d’accueil.

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Le Ramdam

En bref, les Tiers-Lieux (de l’anglais « The third place », ou 3ème lieu, qui se différencie de la maison et du travail) rassemblent « les espaces de coworking, les FabLab, les HackerSpace, les Repair’Café, les jardins partagés et autres habitats partagés ou entreprises ouvertes ». Plus qu’un mot chapeau qui rassemble des lieux ayant les mêmes caractéristiques, ils désignent aujourd’hui des écosystèmes favorables à l’éclosion des idées et la coopération locale.

Co-créer et conserver de la valeur sur les territoires (source : Mobilab.org), c’est aussi un des objectifs du tourisme qui est rappelons-le, une économie présentielle. Offices de tourisme et Tiers-Lieux ont de nombreux points communs, détaillés dans l’article synthèse du Bacalab 2016.

> Office de tourisme & Tiers-Lieux

Lire l'article du Bacalab 2016

Pour le Ramdam 2017, la première journée était consacrée uniquement aux porteurs de projets, facilitateurs, concierges, gérants de tiers-lieux et sociétaires. Plusieurs ateliers étaient proposés, étalés sur la journée en deux phases : état des lieux / brainstorming puis cartographie du processus. Le cadre se prêtait au partage et à la créativité, puisque les participants de toute la Nouvelle-Aquitaine, et même de toute la France, étaient accueillis par Hélène, dans sa Distillerie de Rêves.

Nous étions présents, avec Delphine Empio, salariée du Tiers-Lieux L’Arrêt Minute, à Libourne, pour animer l’atelier intitulé : « En quoi le tourisme peut-il être un levier pour les Tiers-Lieux ? ». Et vice-versa, nous direz-vous. Evidemment.

Voici en quelques lignes la synthèse des réflexions et débats de cette journée, avec nos collègues des Tiers-Lieux, tous facilitateurs ou porteurs de projets : Eléonore, qui créée un espace Open Gare à Biarritz, Benjamin, qui accueille des voyageurs sur son Tiers-Lieux agricole à Mimizan, Stéphanie, du Conseil Départemental du Puy de Dôme, Charlotte, de La Fourmillière, à Thénezay, Aurore, de La boîte à bosse, dans le Ribéracois, Herbert et son projet d’écosystème rural, « Hilaire ».

Tiers-Lieux et tourisme, quels liens ?

Dans la synthèse du bacalab 2016, nous exposions les liens pouvant être établis entre tiers-lieux et offices de tourisme. Au Ramdam 2017, la question portait plus généralement sur le tourisme. Ainsi, nous avons noté que l’office de tourisme n’est pas spontanément identifié comme un partenaire par les Tiers-Lieux. Ces Tiers-Lieux, qui se trouvent sur des territoires touristiques, se posent la question du lien à créer.

Parmi les participants, certains nous confient travailler avec l’office de tourisme local, pour attirer des visiteurs occasionnels dans leurs espaces de coworking, d’autres organisent des afterworks entre co-workers et prestataires touristiques, ou co-organisent des animations touristiques à destination des visiteurs.

Les liens peuvent donc s’établir tant avec les visiteurs qu’avec les acteurs touristiques du territoire. C’est là que l’office de tourisme entre en scène : il est d’une part, la première source de connaissance du territoire d’un point de vue touristique et de la clientèle. D’autre part, il est coordinateur et « connecteur » des acteurs du territoire. On retrouve donc des objectifs communs pour le développement du territoire.

Au delà du lien « front office » entre les lieux physiques d’accueil et de rassemblement, d’autres liens « back office » peuvent être pensés entre les Tiers-Lieux et les offices de tourisme, en tant que coordinateurs des acteurs locaux. « Travailler autrement pour vivre autrement », adage de la Coopérative des Tiers-Lieux, est aussi une réflexion que l’on mène dans les offices de tourisme.

Un Tiers-Lieu en territoire touristique : quels objectifs ?

Lorsque l’on interroge les participants, les objectifs communs sont évidents :

  • Donner envie de rester sur le territoire
  • Rendre un service au touriste/à l’habitant
  • Les orienter sur le territoire
  • Faire connaitre la terre et transmettre des bonnes pratiques
  • Proposer des visites
  • Encourager à découvrir d’autres côtés du territoire
  • Réduire les zones de pression et répartir les flux touristiques
  • Mélanger les univers
  • Créer des liens

La notion de service, de lien et de découverte du territoire confirme les points communs identifiés dans le bacalab 2016. Pourtant, le lien avec le territoire, lorsque l’on demande à chacun de décrire son tiers-lieux, n’est pas évident.

Dans un territoire touristique, l’aspect ‘hors-sol’ de certains tiers-lieux pose question. En milieu rural en particulier, l’ancrage au territoire semblerait garantir la pérennité du tiers-lieu, de son émulation. Il permet de mobiliser les acteurs locaux autour d’un projet, d’être un lieu de vie, pour les visiteurs et pour les locaux. Prenons l’exemple d’un tiers-lieu en milieu rural, qui n’existe que parce qu’il est au seul endroit où la connexion internet est bonne : quel sera son rôle demain, quand tout le territoire sera couvert ?

Dans le Bacalab 2016, la question de la place des Tiers-Lieux dans les territoires était posée. Il est apparu évident lors de ces réflexions que les attentes ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre. En milieu rural, offices de tourisme et tiers-lieux peuvent travailler ensemble à un lieu partagé pour faire vivre le territoire toute l’année, il peut aussi être l’occasion de mutualiser des services, aux visiteurs et aussi aux prestataires. En agglomération, le tiers-lieu est souvent plus spécialisé et le lien entre les différents acteurs plus difficile à créer. Du côté péri-urbain et villes moyennes, il serait plutôt orienté sur le tourisme d’affaires ou sur de la promotion partagée ? Un sujet qui nécessite assurément d’être creusé plus en profondeur…

 Avec qui travailler ?

L’essence des tiers-lieux est la création de lien, le partage entre acteurs d’un territoire. On retrouve :

  • Les agriculteurs, producteurs
  • Les restaurateurs, les hébergeurs
  • Les autres tiers-lieux
  • Les co-workers
  • L’office de tourisme communautaire
  • Les écoles, la recherche
  • Les visiteurs

Et, celui qui paraît tellement évident que l’on a tendance à l’oublier… l’habitant ! Sans ancrage et sans dynamique locale, difficile de pérenniser un tiers-lieu…

 Comment fait-on pour créer du lien, et où ?

De nombreuses idées sont évoquées, toutes nécessitant un préalable, ou plutôt deux : la connaissance, des acteurs et du territoire, ainsi que l’animation du réseau et de la dynamique.

  • Organiser des afterwork fréquents
  • Etre en lien avec des clubs d’entrepreneurs, les mobiliser, les accueillir
  • Organiser des repas, des petits déj
  • En mobilisant les réseaux professionnels
  • Sur le marché, avec des animations
  • Se rassembler : organiser des réunions collaboratives
  • Proposer des services aux acteurs locaux avec les co-workers : formation internet, conseil juridique, aide à la création d’entreprise,…

La question des modèles économiques est encore à creuser. Les modèles des tiers-lieux sont assez variés. Une part de subventions liée la plupart du temps à un investissement local ou à un appel à projets, une boutique de produits locaux, la location d’espaces, mais aussi la prestation de services aux acteurs locaux. Une interrogation qui nous rappelle quelque chose…

Dans 5 ans, je rêve…

  • Que des touristes s’installent définitivement sur le territoire
  • D’être un lieu d’accueil et de conseil pour tous
  • D’un lieu où on parle de tout, et avec tout le monde
  • De devenir un modèle qui fonctionne, d’être pris pour exemple

Tels sont les rêves confiés par des tiers-lieux en territoire touristique… qui là encore se croisent avec ceux des offices de tourisme. Des idées à partager, des projets à creuser, des passerelles à construire. Tel est aussi le sens de l’adhésion de la MONA à la Coopérative des Tiers-Lieux, dans le collège « Partenaires ». Continuer à réfléchir ensemble à la manière de co-créer et de conserver de la valeur sur les territoires, grâce notamment au vecteur tourisme. Mais aussi participer au « Travailler autrement pour vivre mieux », l’adage de la Coopérative des Tiers-Lieux.

> Le blabla du Grand Ramdam 2017 : demain, les tiers-lieux

Demain, les tiers-lieux… Synthèse des différents sujets traités lors du grand rassemblement de 2017.

Lire la synthèse des travaux

L’assemblée générale de la Coopérative

La première journée du Ramdam s’est conclue par l’Assemblée Générale de la Coopérative des Tiers-Lieux, transformée en SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Le bilan d’une année bien remplie en accompagnement à la création de Tiers-Lieux avec les territoires, en formations, en temps de partage avec le réseau. Et l’arrivée de nouveaux sociétaires au sein du réseau : des tiers-lieux, des partenaires, des coopérateurs externes ou encore des fans !

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VOTRE INTERLOCUTEUR
Charlotte Emery
Chargée de projets
Mail : charlotte.emery@monatourisme.fr
Téléphone : 0760248753