La carte touristique, c’est collector ! #monatour 2017

La carte robe des Offices de tourisme de la Creuse…

Tout au long du MONATour dans les douze départements de la Nouvelle-Aquitaine, l’équipe de la MONA a animé des ateliers de créativité. Si de nombreux thèmes étaient proposés aux participants, quelques-uns ont eu plus de succès que les autres.

C’est notamment le cas pour la  carte touristique. Le pitch de l’atelier était, il faut le dire assez accrocheur : « Mon plan traditionnel, c’est fini ! Ma carte touristique est devenue un objet collector que tout le monde s’arrache. est en tête de gondole chez les commerçants, au salon de coiffure, dans la salle d’attente chez le médecin… C’est le must have de la destination ! »

J’ai demandé à mes collègues animateurs des ateliers ce qu’ils avaient retenu de cette thématique.

Pourquoi d’après vous, cette thématique a eu un tel succès ?

Charlotte – C’est un thème d’actualité sur le client au premier plan, pour des cartes revisitées qui parlent aux clients, mais qui permettent aussi de mobiliser les acteurs du territoire autour de “leur” carte.

Fabien : La carte touristique est encore très prisée par les touristes mais le défi récurrent pour un office est de créer un effet « wahou » à la lecture de cette carte ! La question centrale : Comment réussir à surprendre ? Surprendre visuellement, surprendre par le toucher, surprendre par le contenu (verbatim, lieux insolites, bons tuyaux, avec une collaboration des habitants, avec une collaboration des prestataires…) ? Rien de tel qu’un atelier créatif pour phosphorer et repenser cet outil d’information et de promotion du territoire.

Florent : C’est un sujet qui revient tous les ans dans les offices de tourisme, dans les Parcs Naturels mais la forme n’est pas remise en question tous les ans faute de temps et d’imagination ! C’est le moment, lors d’un atelier de créativité de se poser les bonnes questions et à plusieurs ce qui est un plus. C’est un sujet d’actualité et c’est un sujet très pratique. J’ai entendu des participants dire “qu’il est plus facile d’être créatif sur le thème de la carte que sur celui des élus car une carte, elle se dessine, on peut lui donner plusieurs directions, du relief et des zones à explorer, celles de son ex-voisin devenu aujourd’hui collègue

Jean-Baptiste  : Ce thème est intéressant car il permet de matérialiser le transfert d’information au client.  Cela permet de co-construire le fond et la forme avec les acteurs locaux, voire les clients, pour en faire des productions appropriées par le plus grand nombre : Matérialisation + Appropriation + Engouement = un objet collector

 

Que retenez-vous de cet atelier ?

Laure – J’en retiens qu’avec quelques moyens supplémentaires, ils feraient vraiment des cartes sympas.

Charlotte – Qu’avec un peu d’imagination on peut proposer des cartes vraiment sympa. Que l’on ne s’autorise pas assez/l’on est pas assez autorisé à de la fantaisie sur les territoires. Qu’on pourrait se servir de cet objet qui est un des socles communs à tous les Offices de Tourisme, à tous les territoires, et qui est aussi souvent un objet de crispation, pour mobiliser et fédérer les acteurs locaux.

Fabien : Que le sujet passionne et donne des envies aux collègues de se surpasser pour imaginer de nouvelles façons de concevoir cette carte. Avant de concevoir une carte pour surprendre les touristes, l’exercice a avant tout permis aux collègues de se surprendre mutuellement !

Florent : Que deux heures de créativité ne suffisent pas ! C’est un sujet qui traite tant du fond que de la forme. Il faut donc sortir de ses propres habitudes sur ces deux tableaux. Aujourd’hui les cartes peuvent être utiles, bien entendu, tout en étant sur différents supports (carte papier, carte objet, vidéo, application web), produites grâce à différentes techniques (photo, dessin, peinture, collage) et pensées comme une matrice, comme une carte jetable et biodégradable ou comme une robe de haute-couture qu’on arbore fièrement en randonnée.

Jean-Baptiste : En sortant la tête de l’eau, avec un facilitateur/animateur, les équipes ont les capacités collectives de produire des contenus très intéressants. Ce n’est pas une question de blocage des élus, de blocage des managers, de manque de moyens financiers et humains, c’est une histoire d’en faire moins pour faire mieux et différemment ce qui a de l’impact. En deux séances de deux heures, je suis sûr que les groupes qui se sont lancés sur ce thème envoient à la fin un BAT à leur imprimeur 🙂

La carte Panini des Landes

La carte que vous avez le plus aimé ? Pourquoi ?

Laure – J’ai aimé la carte des Landes. Imaginative, ludique puisque sur le mode des cartes à coller Panini…rappel à l’enfance pour les parents et jeu pour les enfants. Participative car il faut faire appel aux locaux, aux prestataires du territoire pour avoir les infos. Enfin,  point de départ à l’Office de Tourisme forcément, ce qui le rend incontournable si les enfants réclament de récupérer cette carte.

Charlotte – Celle de la Creuse : la carte en 3D, objet de haute couture, qui s’adapte, se transforme, se construit au gré des envies du visiteur. C’était à la fois farfelu et très fouillé puisque de nombreux aspects ont été abordés : le fait de la construire avec les locaux, mais aussi avec les visiteurs, que ce soit un outil “phare” de communication et d’accueil, que l’on puisse s’en servir pour fédérer les acteurs à plusieurs niveaux territoriaux (ce n’était pas une carte d’un territoire particulier mais de la Creuse : question de l’échelle de destination ?). Et puis j’ai adoré l’équipe qui a bossé dessus avec des profils très différents, une équipe qui a bien fonctionné avec des idées bien farfelues comme on les aime.

Fabien : Celle de la Corrèze, avec une carte dont le contenu apparaît avec des lunettes 3D. Contenu qui varie selon qu’on soit en famille, en couple, retraités avec des lunettes spécifiques pour chaque profil.

Florent : Celle de la Creuse (Cf. Charlotte et en plus) : j’ai bien aimé l’histoire du groupe du début jusqu’à la fin car Gilles du PNR, motivé par le sujet, a réussi à mobiliser des personnes autour de lui ; le groupe s’est débridé lentement et tout le monde s’est bien entendu et a mis ses propres compétences au service de l’atelier : une personne qui anime le groupe et crée l’émulation, une personne qui aime dessiner, une personne qui aime défiler et faire la mannequin et une personne qui aime raconter l’idée et met en scène leur carte…. Bref, l’alchimie que nous souhaitions dans ces après-midis de “travail”.

Jean-Baptiste : Celle de Charente Maritime, avec la carte en “édition limité” qui enlève les offres que l’on sait nulles, et qui incite les clients à passer dans un bistro, ou encore au marché pour compléter des contenus laissés vides. Cela pousse à la consommation et à la curiosité tout en faisant de la carte un objet unique.  

La carte en édition limitée de Charente-Maritime

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Jean-Luc Boulin
Directeur de la MONA, rédacteur en chef du blog etourisme.info, et professeur associé à Bordeaux-Montaigne en Master Tourisme AGEST.
Légèrement etourisme addict, et relativement connecté.