Les scénarios d’organisation du tourisme local

Dernière mise à jour : 26 mars 2026
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La compétence tourisme est une compétence partagée, au sens où plusieurs échelons territoriaux (national, régional, départementale, local) se répartissent la mise en oeuvre des politiques touristiques, dans l'idéal de manière complémentaire. Dans la réalité, les modèles d'organisations sont variés et souvent propres à une réalité touristique, géographique ou encore politique !

 

Au niveau local, la compétence "promotion du tourisme, dont la création d'un office de tourisme", appartient aux communautés de communes, d'agglomération et métropoles. Il y a cependant plusieurs manières d'exercer cette compétence : parfois une commune en station classée souhaite conserver un office de tourisme communal, parfois plusieurs intercommunalités se regroupent pour créer un office de tourisme intercommunautaire, parfois plusieurs échelons territoriaux fusionnent.

4 scénarios principaux d’organisation

  1. Exercice de la compétence tourisme sans création d’un office de tourisme, sur les territoires où le tourisme n’est pas une priorité. L'exercice des missions (ingénierie, accompagnement de projets, aménagements,...) se fait en interne à la collectivité a minima, ou bien via un partenariat avec un office de tourisme voisin.
  2. Office de tourisme communautaire : un OT pour un EPCI, avec plusieurs bureaux d'informations touristiques (BIT) éventuellement.
  3. Office de tourisme intercommunautaire : un OT pour plusieurs EPCI, qui se crée sur délibération concordante des EPCI, avec l'intermédiaire ou non d'un PETR, Syndicat Mixte ou PTCE.
  4. Une organisation à plusieurs niveaux : il existe un OT communautaire ou intercommunautaire, et un ou plusieurs OT communaux sur le même territoire. C’est le cas des territoires sur lesquels une ou plusieurs communes classées en station de tourisme ont souhaité garder un OT indépendant. Il peut aussi subsister sur certains territoires des OT « communautaires à compétence territoriale limitée », c'est-à-dire intégrés à la compétence communautaire mais conservant une personnalité morale distincte. C’est le cas de certaines métropoles ou communautés d'agglomérations, dont certaines communes classées en station de tourisme ont bénéficié d’une dérogation « loi notre ».

Ces 4 scénarios sont les plus fréquents. Il existe dans la réalité autant d’organisation que de territoires touristiques. Certains OT ont fusionné avec leur ADT, d’autres organisent leurs missions en synergie avec les différents échelons territoriaux, d'autres fonctionnent ensemble en territoires de projet avec mutualisation d'une partie des missions sans pour autant fusionner.

Grands principes

  • Le seul "bon périmètre" d'organisation du tourisme local est celui qui correspondra à un projet clair, à une pertinence stratégique et à une organisation claire de la gouvernance collective.
  • Les périmètres d’actions ne peuvent pas se superposer (pour les métropoles et les communautés urbaines qui sont dans la situation de disposer de plusieurs offices de tourisme sur leur territoire, l’ordonnance du 26 mars 2015 a bien précisé cette impossibilité de superposition). En cas de dérogation loi NOTRe ou loi montagne, le territoire communautaire se retrouve partagé entre : un/des office(s) de tourisme communautaire(s) à compétence territoriale communale pour chaque station classée (un office par station), ou un/des office(s) de tourisme indépendants et un office de tourisme communautaire/intercommunautaire doté d’un ou plusieurs bureaux d’information, qui couvre les communes de l’EPCI qui ne font pas l’objet d’une dérogation.
  • La rétrocession de la compétence tourisme à la commune n’est pas possible, sauf éventuellement, pour les stations classées, et dans une moindre mesure, les communes touristiques, en activant les articles introduits par la loi engagement et proximité. Elle doit cependant être bien réfléchie et justifiée par un projet spécifique. Surtout, elle doit prendre en compte l’historique, pour éviter de découdre une organisation qui aura mis du temps à se forger, avec des femmes et des hommes qui ont appris à travailler ensemble.
  • La rétrocession de la perception de la taxe de séjour au niveau communal n’est pas possible. Si la commune souhaite s’opposer à la perception de la taxe de séjour par l’EPCI, elle doit le faire au plus tard deux mois après la publication de la délibération de l’EPCI. Si elle ne le fait pas, elle ne pourra donc plus percevoir la taxe à son échelle.
  • Rien n’empêche, si l’organisation à plusieurs têtes avec des stations classées ne fonctionne pas, de décider dans un deuxième temps d’organiser un seul office de tourisme communautaire par une nouvelle délibération de l’organe délibérant de l’EPCI.
  • 12% OT communaux
  • 77% OT communautaires
  • 11% OT intercommunautaires

Scénario 1 : sans office de tourisme

C'est le choix de certains territoires, qui exercent la compétence tourisme a minima. Il existe dans ce cas un service tourisme au sein de la collectivité, mutualisé ou non, selon l'importance stratégique, avec un autre service. Ce service tourisme peut gérer de l'information touristique de base, s'orienter sur le soutien aux infrastructures, ou encore orienter plutôt sa politique sur les habitant·es.

Avantages

  • Une organisation simple
  • Des moyens directement mobilisables quand émergent des projets
  • Une cohérence plus évidente avec les autres projets de la collectivité et le territoire

Inconvénients

  • Une capacité d'action limitée, en particulier sur des actions partenariales et/ou commerciales
  • Pas de gouvernance spécifique et donc pas d'intégration des acteurs touristiques ou des citoyen·nes dans les projets
  • Risque de lourdeur administrative
  • Des moyens humains souvent moins nombreux et peu spécialisés

Scénario 2 : l’office de tourisme communautaire

Une seule structure juridique existe au niveau communautaire. La collectivité lui délègue tout ou partie de l'exercice de la compétence tourisme, assortie d'une convention d'objectifs et de moyens pluriannuelle. En cas de fusion de plusieurs structures, il y a maintien de bureaux d’information touristique (BIT) a minima dans les stations classées, sauf s’ils deviennent le siège social de l’OT communautaire + des bureaux d’information à des points stratégiques (nécessite une réflexion autour du Schéma d’Accueil et de Diffusion de l’Information).

Avantages

  • Une seule organisation avec un seul organe délibérant et une seule direction
  • Une meilleure cohérence territoriale
  • Des possibilités d’actions marketing puissantes et différenciées selon les filières
  • Des possibilité de spécialisation des postes

Inconvénients

  • Risque de « casser » des écosystèmes installés
  • Risque d’éloignement du terrain et repli sur soi.

Scénario 3 : l’office de tourisme intercommunautaire

Un office de tourisme est créée à l’échelle de plusieurs EPCI. Une délibération concordante de la part de chaque EPCI suffit à la création d’un office de tourisme intercommunautaire.

Avantages

  • Une organisation à plus large échelle qui correspond souvent à une réalité touristique
  • Une mutualisation des moyens et des compétences avec possibilités d'évolutions plus fortes

Inconvénients

  • Risque d’éloignement du terrain et repli sur soi
  • Risque de prises de décisions compliquées si les stratégies politiques des différents EPCI divergent

Consulter l'article "L’office de tourisme intercommunautaire"

Scénario 4 : l’organisation à plusieurs échelles

Il existe un office de tourisme communautaire ou intercommunautaire sur le territoire + un ou plusieurs offices de tourisme communaux, soit totalement indépendants sur des stations/communes touristiques ayant conservé la compétence tourisme, soit "distincts", c'est-à-dire "communautaires à compétence communale". Les OT indépendants n’ont aucune obligation de mutualisation, même s’il est vivement conseillé d'agir en bonne intelligence. Certaines actions ou missions peuvent être mutualisées tout en gardant chacun une part d’activité propre. Les OT "distincts" ont eux une gouvernance propres mais sont liés à la compétence communautaire ou intercommunautaire.

Avantages 

  • Maintien des écosystèmes que représentent les stations (les Offices de Tourisme sont considérés comme une composante essentielle au bon fonctionnement de ce système)
  • Le financement de tous les OT est assuré par l’EPCI et des élu·es communautaires gèrent l’OT, donc garantissent l’intérêt communautaire, dans le cas des OT distincts
  • Le financement de l'OT communal indépendant est souvent très lié à la taxe de séjour sur la commune
  • L'organisation (inter)communautaire prend en compte les problématiques des stations classés.

Inconvénients

  • Fonctionnement plus complexe, à plusieurs têtes, répartition des missions, des budgets
  • Nécessite une coordination des OT, et donc des acteur·ices, des salarié·es. Si des acteurs sont des freins, risque de mettre à mal l’organisation générale.
  • La compétence est fragmentée et le tourisme risque d'être isolé des autres compétences exercées par l’EPCI, et ne s’insère donc pas de manière optimale dans le projet du territoire.

Votre interlocutrice

Charlotte Emery

En charge des sujets autour de la qualité de vie au travail et de la transformation des organisations