Directeur⸱ice, je crée une relation de confiance avec mon élu⸱e

Dernière mise à jour : 21 avril 2026
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A chaque élection, il s'agit de créer rapidement les conditions d'une bonne relation entre l'élu·e et le·la technicien·ne du tourisme au sein de l'organisme de tourisme. Une matrice de positionnement et une dizaine de recommandations des pratiques du terrain aident à structurer cette relation afin d'allier projets politiques, développement du territoire et stratégie de moyens.

3 types de relation et des questionnements

Les nombreux échanges de terrain dessinent trois situations rencontrées par les binômes direction-élu·e.

Tout d'abord nous retrouvons les binômes historiques où la relation est acquise et sereine même si parfois l’élu·e souhaite plus ou moins de contrôle sur les projets.

Ensuite nous avons les relations plus récentes qui nécessitent encore un peu de temps pour bien se mettre en place, et qui peuvent parfois donner lieu à une belle alchimie.

Enfin nous avons les situations de relation dégradée. Cette dégradation est parfois subite, parfois le fruit d'une incompréhension ancrée petite à petit, pouvant mener jusqu’à une relation toxique ou bien souvent la direction ne trouve plus/pas sa place.

Plusieurs questionnements sont à traiter pour se préparer et requestionner la relation de ce binôme :

  • Comment faire pour construire un projet commun / une vision / un plan d’attaque commun avec mon élu·e ?
  • Comment faire pour que la relation soit réciproque ?
  • Comment faire pour que l’élu·e se sente solide, en confiance sur son sujet ?
  • Comment faire pour avancer même si on n’est pas d’accord ?
  • Comment faire pour parler le même langage ?
  • Comment faire pour restaurer une relation qualitative quand cette dernière est partie « en cacahuète » ?
  • Comment faire pour l’intéresser ?
  • Comment faire pour être certain du périmètre de décision de son élu·e ?
  • Comment faire pour créer des moments privilégiés ?
  • Comment faire pour favoriser l’expression des besoins ?
  • Comment faire pour atteindre un·e élu·e indisponible ou inaccessible ?
  • Comment faire pour entretenir la flamme ?
  • Comment faire pour adapter la relation à la situation de façon durable ?

Analyser sa position via la matrice

Pour pouvoir répondre à ces questionnements, la première étape consiste à analyser sa position par rapport à son élu·e et adopter une attitude adéquate. Il faut avant tout identifier la relation avec son élu·e. Pour cela, le groupe de travail a proposé une matrice qui permet de juger de sa relation en fonction de deux indicateurs :

  • En ordonnée : le degré de communication entre vous et votre élu·e. Est-il facile ou bien difficile ?
  • En abscisse : le contrôle exercé par votre élu·e sur vos actions quotidiennes. Est-il accentué ou bien plutôt libre ?

Ainsi différents profils se dressent :

  • La défiance, une relation compliquée où l’élu·e souhaite avoir un maximum de contrôle et la communication est compliquée ;
  • La confiance mesurée, où la communication est plus facile et régulière mais pour autant le contrôle reste de mise de l’élu·e ;
  • L’indifférence, où l’élu·e laisse le contrôle au directeur·ice et la communication est compliquée car l’élu·e est généralement difficile à mobiliser ;
  • La complicité, où la communication est facile et la notion de confiance vis-à-vis du directeur est à son apogée car une véritable relation de confiance est établie entre les deux.

Le TOP 10 des recommandations des directeurs de Nouvelle-Aquitaine

01 |

Clarifier l’écosystème de référence de son élu·e

En amont d’embarquer son élu·e dans n’importe quelle réunion ou projet, l’étape essentielle est de faire connaissance avec son interlocuteur afin de clarifier son écosystème de référence et d’adopter les bonnes habitudes de travail.

Pour cela, vous pouvez établir une liste de questionnements essentiels à la bonne réalisation de tout projet : Comment préférez-vous que l’on communique ? Quelle est la nature des décisions que l’on peut prendre chacun individuellement et celles que l’on décide communément (périmètre de décision) ? Au sein de la collectivité, quelles sont les autres personnes clés dont les périmètres de décision peuvent impacter le développement du tourisme localement ?

Le conseil des directions : préparez une checklist des éléments à voir et à convenir impérativement ensemble . Sur quels sujet souhaite-t-il être systématiquement informé ? 3 priorités du mandat ? Les projets prioritaires à 100 jours ? Ainsi, à chaque nouvelle mandature, il n’y a plus qu’à sortir la checklist !

02 |

Faire réellement connaissance

Et oui, cela peut paraître évident et pourtant qui peut affirmer bien connaître son élu·e ? Il ne s’agit pas de découvrir ses moindres hobbies/passions mais de provoquer un moment convivial pour en apprendre davantage sur son fonctionnement et sa personnalité. C’est-à-dire, exprimer ses besoins mutuels, ses attentes par rapport aux différentes missions, sa vision, ses envies et projets. Cette connaissance est à double sens et qui sait, elle donnera peut-être même lieu à une certaine complicité.

Le conseil des directions : embarquez votre élu·e loin du bureau pour des rendez-vous de travail. Allez sur le terrain, chez l’un de vos partenaires, au restaurant, lors d’une manifestation, etc.

03 |

Miser sur la régularité des rendez-vous

Un seul rendez-vous avec son élu·e pour acter des grandes décisions n’est pas suffisant. Afin d’en faire un véritable acteur de votre écosystème local, il va falloir ritualiser des moments. Pour cela, rien de plus simple que de définir des créneaux dans vos agendas sans pour autant les rendre systématiquement obligatoires. C’est un bon moyen d’avoir des nouvelles, engager la discussion et pourquoi pas continuer à faire connaissance et ainsi partager vos ambitions pour le territoire.

Le conseil des directions : partagez vos agendas et ritualisez ensemble des moments en alternant téléphone, rendez-vous en visio ou en présentiel. Proposer un récapitulatif hebdomadaire bref en quelques points, vocation à informer des actions de l'OT pour présidence, VP et éventuellement DGS.

04 |

Intégrer des tiers à vos échanges

Dans le cas d’une relation en « indifférence » il peut-être difficile d’avoir l’écoute de son élu·e. A ce moment-là, il peut être opportun d’intégrer des tiers de confiance qui peuvent jouer le rôle d’observateur voir même de lobbying en votre faveur.

Le conseil des directions : créez un groupe de discussion dédié (WhatsApp, Signal…), avec votre élu·e et des tiers observateurs, ainsi vous encouragerez les échanges et l’effet « groupe » peut vous permettre d’obtenir plus facilement une réponse.

05 |

Intégrer votre élu·e dans l’équipe

Pas toujours évident pour un élu·e, surtout s’il ne vient pas de votre univers, de connaître toute votre équipe, votre fonctionnement, votre organisation quotidienne. Pensez donc à mieux lui faire connaître votre équipe et vos métiers en l’intégrant aux grands moments de vie quotidienne de l’équipe (bilan de saison, grande réunion, etc.) 

Le conseil des directions : optez pour une journée « vis ma vie » et immergez-le dans le quotidien d’un office de tourisme de l’accueil, en passant par la commercialisation, l’accompagnement des prestataires, etc. 

06 |

Développer sa connaissance du secteur touristique

Ce n’est pas non plus toujours évident de connaître le secteur touristique, les acteurs qui le composent, le territoire et ses spécificités, etc. Partagez votre expertise avec votre élu·e en lui proposant des éductours, envoyez-lui des ressources (articles de veille, articles de fond), etc. Cela vous permettra sans doute de mieux vous comprendre, de parler « le même langage ».

Le conseil des directions : partagez à votre élu·e les tendances touristiques ou suggérez-lui des newsletters lui permettant de se tenir au courant de l’évolution du secteur et de son écosystème, de l’évolution des métiers, de l’évolution des comportements/aspirations des clientèles, apporter des exemples d’initiatives mises en place ailleurs, sur d’autres territoires, créer des contenus courts (vidéos, podcast), etc) et pédagogiques avec l'IA (NotebookLM par exemple), pour projection en Codir ou visionnage en ligne.

07 |

Prendre en considération ses valeurs

Votre élu·e est humain comme vous, il a des valeurs qui font sens pour lui. Comme vous le feriez avec l’un·e de vos collègues, évitez de rentrer en conflit mais prenez en compte ce qui a du sens pour lui afin d’adapter votre argumentaire.

Le conseil des directions : amusez-vous avec les chapeaux de Bono qui est un très bon outil pour développer son argumentaire en fonction de différents profils/réactions auxquels nous pouvons avoir à faire face.

08 |

Appuyez-vous sur les VRP de votre structure

Lorsque vous défendez un projet, appuyez-vous sur les VRP de l’office de tourisme qui peuvent être des habitants, des prestataires, des commerçants, d’autres élus, etc. L’objectif : montrer que votre projet emporte de l’adhésion pour pouvoir convaincre plus facilement.

Le conseil des directions : impliquez vos partenaires dans vos projets cela les valorisera et fera d’eux des ambassadeurs de votre structure.

09 |

Faire un reporting de ses actions

Indissociable de la mesure précédente, l’idée est de faire parler de son office, de ses actions en se prenant en photo lorsqu’on va sur le terrain, en utilisant les réseaux sociaux, etc. Ne pas être trop modeste et ne pas hésiter à faire son auto-promotion pour expliquer son rôle, ses actions. Ne pas hésiter non plus à valoriser les acteurs, les citoyens œuvrant dans la cause du développement local, du développement touristique du territoire. La mission de « coordination des acteurs » a davantage de poids lorsque ce sont ces gens qui en parlent et qui parlent du rôle qu’occupe l’office sur le terrain. Cette communication permettra à votre élu·e de mieux comprendre votre utilité au quotidien. Ce qui pourra venir alimenter, consolider les échanges avec votre élu·e et ses homologues, lors de vos CA, AG, CODIR, Conseil d’exploitation… et ainsi semer de belles graines plaidant pour la cause du développement local, du développement touristique, et de fait de l’importance de soutenir l’activité de l’office.

Le conseil des directions : utilisez les différents médias à votre disposition pour communiquer régulièrement sur vos actions et partagez votre quotidien. Ne surtout pas se satisfaire d’un « simple » bilan annuel.

10 |

Évaluer

Jamais une action sans … évaluation ! Remettez en question les différentes actions précédentes, le périmètre d’intervention, la manière de communiquer, etc. Tout ceci permet d’adopter des actions correctrices et de s’assurer que la relation s’inscrive dans la durée de manière pérenne et durable.

Le conseil des directions : mettez en place un tableau de bord de vos projets avec indicateurs convenus dès le début. Ce tableau de bord, acté avec votre élu·e, sera votre fil rouge de discussion, d’analyse et de suivi des avancées des projets de votre structure.

Élu·e et directeur·ice : le duo du développement local

Ce titre vous dit quelque chose ? Normal, il fait écho à la série de webséminaires qui ont eu lieu en 2020, suite aux nouvelles élections locales. Un article est dédiée sur le sujet du trio du développement local : élu·e technicien·ne de la collectivité et directeur·rice d’office de tourisme.

L’objectif : cerner les bonnes conditions de collaboration pour allier projets politiques, développement du territoire et stratégie de moyens.

En effet, collectivité et office de tourisme sont indissociables quand on parle de développement local et il en est de même pour le binôme élu·e et directeur·ice d’office de tourisme. Une relation pas toujours évidente puisqu’elle est mouvante avec les différentes mandatures et cela nécessite donc un travail d’adaptation constant.

Pourtant ce binôme est la clé pour pouvoir mener des projets territoriaux. Pour cela, il faut non seulement que la relation soit bonne mais aussi que l’on partage la même vision et les mêmes méthodes de travail. En bref : une vraie relation à construire et à entretenir pour pouvoir piloter correctement sa stratégie.

Les contributeurs

Nous tenons à adresser un remerciement aux collègues qui ont contribué en 2021 au groupe de travail sur les recommandations de la relation technicien·ne élu·e lors du séminaire annuel des directions du réseau de la MONA puis aux relecteurs de cette ressource mise à jour Tony ROBIN? Lionel PACAUD, Pascal DUPOUY, Emilie LOUBRIAT, Aïno REPCI, Christine RIBIERE, Joël RIVIER, Bouahlem REKKAS, Christophe GAVET, Lucia TEXIER, Chloé BONHOURE, Sophie DUPRAT-CAOURE, Fabien RAIMBAUD, Jean-Baptiste SOUBAIGNÉ

Votre interlocuteur

Jean-Baptiste Soubaigné

En charge de la Direction