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Ecologie numérique, pollution digitale et outils libres

ecologie numeriqueOn parle beaucoup de développement durable mais on oublie souvent de citer le numérique. En effet, ce dernier est devenu un élément incontournable de nos vies actuelles aussi bien dans nos usages personnels que professionnels. La majorité de nos actions étant dématérialisées, nous avons souvent tendance à oublier qu’elle génèrent de la pollution.

Le 16 avril 2020 Jérôme Lay, directeur de l’Office de Tourisme du Seignanx, notre expair du sujet est intervenu pour vous convaincre de re-devenir acteur de votre consommation numérique. Retrouvez le webséminaire sur l’écologie numérique en replay à la fin de cet article, résumant les réflexions développées et écrites à deux mains. Un grand merci à Jérôme pour son intervention !

 

Le numérique un impact écologique bien réel

Il est aujourd’hui indispensable de prendre conscience de notre impact de l’utilisation numérique, qui est évidemment source de consommation et de pollution. L’empreinte écologique du numérique n’est plus à prouver, l’accès au web nécessitant de nombreuses infrastructures. À commencer par l’ordinateur, qui nécessite pour sa fabrication : une extraction de ressources, le transport de ces dernières jusqu’à l’usine nécessitant sa conception industrielle… Après quoi, il faudra ajouter son utilisation consommatrice en data center, etc.

Que ce soit par nos actes en tant que particulier ou entreprise, nous pouvons adopter de simples gestes pour réduire l’impact de nos activités numériques et ainsi favoriser l’écologie numérique. On peut veiller à ses fournisseurs (eau, électricité…), surveiller sa consommation et stocker ses fichiers localement, nettoyer sa messagerie, éditer et alléger les pages web, utiliser un moteur de recherche plus responsable, lutter contre l’obsolescence programmée en essayant de réparer avant de racheter ou sinon pensez au recyclage ou au low-tech… Enfin, l’usage du papier (recyclé, PEFC) peut tout à fait se justifier.

De nombreux éco-gestes sont ainsi réalisables et de nombreux sites internet peuvent vous aiguiller. A titre d’exemple nous pouvons citer celui de l’ADEME qui a, en cette période de confinement, justement mis à jour ses conseils en matière de télétravail.

Pour en découvrir davantage sur ce que représente la pollution digitale, on vous encourage à regarder l’infographie ci-contre issue du site Qu’est-ce-qu’on fait.

Pour aller encore plus loin on vous conseille de jeter un oeil aux sites suivants : Comptoir du libre et Framasoft pour tout ce qui concerne les outils libres. Fairbnb, Fairphone et Enercoop pour des alternatives au logement, téléphone ou à l’énergie plus responsables. Ou encore la checklist des bonnes pratiques numériques de Opquast.

> Quel est votre impact environnemental pro ?

Découvrez cet outil développé par l’INR, l’Institut du Numérique Responsable et Decathlon qui permet de calculer simplement son impact numérique professionnel. Une première version qui sera sera enrichie progressivement.

Calculer mon impact

 

Veiller à la sécurité de ses données personnelles

Je passe rapidement sur les firewalls, antivirus (le nombre d’attaques n’a jamais été aussi important qu’en cette période de Coronavirus…). C’est à chacun de décider où mettre le curseur en convenant d’une protection, d’un coût et du risque acceptable. La période est propice à imaginer l’émergence d’un virus numérique mondial. Je ne suis pas sûr que nous y soyons mieux préparés que pour le Covid…

Mais il faut aussi veiller à ses usages personnels (mot de passe, sauvegarde, mise à jour de ses systèmes d’exploitation…) et se renseigner sur l’utilisation de ses outils : protections, clouds, serveurs… En naviguant sur le web on partage forcément nos données, nos comportements sont analysés, trackés pour pouvoir par la suite nous proposer du contenu en fonction de notre personnalité. Il y a une grosse différence entre “N’avoir rien à cacher” et “Tout dire”… Heureusement, il existe en France et en Europe des mesures d’encadrement existent comme le RGPD, la loi sur la République Numérique

Le tout est d’avoir conscience du pouvoir des outils et de savoir qu’il est possible de se ré-approprier ces outils numériques en utilisant des outils alternatifs qui nous permettent de nous affranchir de nos classiques et assurent un certain nombre d’engagements en faveur du respect de la vie privée de chacun. A titre d’exemple on peut citer des navigateurs qui respectent notre vie privée comme Firefox, des moteurs de recherche comme Qwant, des outils d’analyse de statistiques comme Matomo … si vous voulez en savoir plus sur les outils alternatifs, n’hésitez pas à consulter le site internet Dégooglisons Internet !

Une question importante se pose s’agissant de nos métiers du tourisme : Quelle est la part de libre arbitre dans le choix d’une destination de vacances ?… Et si vous n’êtes, pas encore convaincus du pouvoir des géants américains qui exploitent nos données privées alors que bien des solutions existent pour respecter nos libertés on vous laisse consulter cet article d’actualité. où la comparaison avec l’alimentaire agro-industrie vs agriculture raisonnée est pertinente.

 

Les données publiques

Au delà de la protection des données personnelles, les enjeux sont également considérables s’agissant des données publiques. Passons sur celles de Google Maps, qui a capitalisé sur les données insérées par nombre de citoyens, entreprises, institutions, collectivités… (notamment à travers les pages Google My Business). Privatisées, l’utilisation de ces données est désormais payante…

Mais les autres ? Elles sont souvent enfermées dans des “silos” qui la plupart du temps, ne communiquent pas entre eux : Données de l’État, Données SIG des collectivités (ou leur sous-traitant), SIT des institutionnels… sans oublier les inombrables tableaux et tableurs des fédérations, associations. La plupart du temps, ces données cloisonnées sont incomplètes, mal actualisées, empêchent toute synergie (double, triple… saisie, données partielles…). Exemple actuel avec les producteurs locaux sont très sollicités par leur Région, Département, ComCom, mairie, Chambre d’agriculture, fédération, association… pour répondre aux mêmes questions : coordonnées, type de produits, heures d’ouverture…

Les outils libres open-data sont de puissantes alternatives qui nous permettent de passer à l’écologie numérique, à commencer par Wikipédia et Open Street Map ! Ces sites rassemblent et partagent librement la connaissance collective. Ils font partie des “Communs”. Wikipedia est le 8ème site visité au monde, le seul non-marchand du top 10… (une des “merveilles” du web). N’est-ce pas un peu le rôle des Offices de surveiller et actualiser les contenus ?

OSM, bien que le nom soit quasi inconnu du grand public (il ne s’agit pas d’une marque comme Google Maps), il est partout et sert de support cartographique à des sites majeurs (même Facebook !). Il est temps d’investir ces base de données libres, mais en respectant bien les conditions d’usage pour protéger ces “Communs” (duplication sur serveurs, dons…).

> Article sur la cartographie su Seignanx

Pour en savoir plus sur la cartographie avec OSM on vous invite à redécouvrir l’article détaillant le projet cartographique de l’Office de tourisme du Seignanx

Lire l'article

> Actu : la cartographie interactive en période de crise

Découvrez les initiatives du réseau sur l’utilisation de cartographie interactive en période de confinement

Lire l'article

 

Ecologie numérique : redevenons acteur !

Concernant l’hygiène numérique et la protection des données, les procédures QT, les Fiches de Poste, les Chartes ou encore l’instauration d’un “Datas Day” (1 ou 2 par an) sont des leviers efficaces. Il est important de regarder ailleurs que chez les GAFAM qui nous condamnent à la dépendance. Il faudrait enfin travailler à faire converger les bases de données et utiliser les plates-formes open-data pour plus d’efficacité. C’est un match : Intelligence Artificielle versus Intelligence Collective… Nos offices n’ont d’avenir que dans la seconde.

Un zeste d’auto-promotion pour finir : Au delà de son intérêt informatif et promotionnel, la carte du Seignanx est aussi un mini “laboratoire” de bonnes pratiques : elle est contributive (open-data open-source), utilise les fonds et les données cartographiques OSM (synchronisation quotidienne sur un serveur privé pour évioter de surcharger OSM). Elle ne collecte pas de données personnelles (sauf les cookies relatifs à la création d’une liste “Favoris”) et la mesure d’audience est anonymisée (Matomo).

Pour plus de détail sur l’écologie numérique, regardez le replay du webséminaire organisé le 16 avril 2020 avec Jérôme Lay, directeur de l’Office de Tourisme du Seignanx. Retrouvez la ressource du power point juste ici. Et encore une fois, merci Jérôme pour ton intervention !

 

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