L’Entre-deux-Mers en action collective pour la RSO
À Monségur, Aurore Dalla Santa, directrice de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers, et Émilie Cimolino, chargée de projets territoriaux et d’animation numérique, ont bien voulu nous partager leur expérience autour de la Responsabilité Sociétale des Organisations (RSO) en jouant le jeu de l'interview vidéo.
Leur approche interpelle. Ici, la RSO ne vit pas dans un document stratégique posé sur une étagère. Elle se diffuse dans les missions, les décisions, les réflexes du quotidien. Chaque membre de l’équipe devient référent à son échelle. Une manière simple et collective d’avancer.
Et une question qui nous concerne tous : comment faire de la RSO un moteur concret pour les offices de tourisme et leurs territoires ?

La RSO pensée comme une philosophie de travail
Pour l’équipe de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers, la RSO représente avant tout une manière de penser l’organisation et son impact territorial. Comme l’explique Aurore Dalla Santa :La RSO dans un office de tourisme, c’est un fonctionnement global, une philosophie de structure, une façon de fonctionner au quotidien.L’objectif devient clair : observer ce qui existe déjà, identifier les marges d’amélioration et faire évoluer les pratiques progressivement. La RSO ne se superpose pas au plan d’action. Elle vient enrichir la façon de travailler et d’imaginer le territoire de demain. Émilie Cimolino résume cette approche :
Ce n’est pas un plan d’action dans notre plan d’action. C’est ce qui vient enrichir notre manière de travailler et d’imaginer notre territoire pour les années à venir.
Quand chaque salarié devient référent RSO
Dans l’Entre-deux-Mers, la RSO repose sur un principe simple : chacun contribue à son niveau. Plutôt que de désigner un seul référent, l’équipe adopte une logique collective.
Cette approche transforme la démarche :
- la RSO devient transversale,
- elle s’intègre naturellement dans les missions
- elle crée une culture commune de responsabilité.
Concrètement, cela se traduit par de nouvelles façons de réfléchir aux projets :
- l’impact environnemental des actions,
- la dimension sociale dans le travail d’équipe,
- la cohérence économique pour le territoire.
On s’est dit qu’on était tous responsables et référents RSO parce que chacun a une pierre à apporter à l’édifice. Une dynamique particulièrement pertinente pour un territoire viticole en pleine mutation, où les coopérations entre acteurs deviennent stratégiques.

Faire mieux avec l’existant : la clé de la démarche
Un réflexe fréquent apparaît lorsqu’on évoque la RSO : la peur d’un travail supplémentaire. L’expérience de l’office de tourisme montre une autre réalité. Emilie Cimolino nous explique :
L’objectif n’est pas de rajouter des choses à ce qu’on fait déjà, mais de mieux faire ou de faire différemment.
Cette logique se traduit par plusieurs évolutions concrètes :
- repenser certains accueils presse pour limiter les déplacements,
- renforcer les circuits courts entre agriculteurs et viticulteurs,
- encourager les coopérations locales entre acteurs touristiques
- ou encore réfléchir aux actions sous l’angle environnemental, social et économique.
Des ajustements simples mais qui, cumulés, transforment progressivement les pratiques.
Accepter les limites pour mieux agir
Autre enseignement important : tout ne dépend pas de l’office de tourisme. Certains facteurs relèvent par exemple des bâtiments ou de contraintes territoriales. En acceptant ces limites, l’organisation peut se concentrer sur les leviers d’action réels.
L’accompagnement : un accélérateur de transition
Se lancer seul dans une démarche RSO peut sembler complexe. C’est pourquoi l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers a choisi l’accompagnement proposé par la MONA, avec la démarche MICRO.
L'objectif était de dédramatiser auprès de l'équipe ce que peut être la RSO mais aussi d'être accompagné pour structurer la réflexion, identifier les actions prioritaire et avancer pas à pas, sans pression, dans une logique de progrès continu. Une méthode pragmatique qui correspond bien aux réalités des offices de tourisme.
L’expérience de l’Entre-deux-Mers nous rappelle une chose essentielle : la RSO commence souvent par un changement de regard sur nos pratiques quotidiennes : une réunion différente, un partenariat local renforcé, une action repensée... Autant de petits pas qui construisent le tourisme de demain !


Votre interlocutrice
Sophie Duprat-Caouré
En charge de l’Animation Durable des DEStinations et e-elarning























































