Comment j’ai repensé ma communication avec ma collectivité ?

La réforme territoriale a imposé aux Établissements Publics de Coopérations Intercommunales une profonde réorganisation. La recomposition des territoires, l’implication prépondérante des élus auprès des offices de tourisme, le manque de communication et parfois une gestion des ressources humaines reléguée au second plan, il n’en fallait pas plus pour que le binôme office de tourisme – collectivité de tutelle, se retrouve (parfois) dans une situation d’incompréhension mutuelle.

Dans le cadre des réflexions menées entre professionnels sur ce sujet, quelques directeurs d’offices de tourisme de la Nouvelle-Aquitaine ont décidé de constituer un groupe de travail, animé par la MONA. Leur objectif : créer une boîte à outils de communication à destination des élus, sur le rôle des offices de tourisme; en prévision notamment des élections de 2020. Cette boîte à outils prendrait la suite du travail réalisé sur “Metteur en Scène de Territoire” depuis 2010.

Une profonde recomposition des territoires

Selon les dernières données statistiques publiées en mars 2018 par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL), il y avait au 1er janvier 2018 : 1263 Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI)

  • 21 Métropoles
  • 11 Communautés Urbaines
  • 222 Communautés d’agglomération
  • 1009 Communautés de communes

En moins de 6 ans, 51% des EPCI ont disparu passant de 2581 établissements recensés en 2012, à 1263 en 2018.

> Carte des EPCI à fiscalité propre 2018

Source DGCL – mise à jour 2018

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Dans le même temps, les offices de tourisme subissaient le même sort et voyaient le nombre de leurs structures diminuer de 40 % en 3 ans, passant ainsi de 2642 en 2015 à un peu moins de 1650 en 2018 – Recensement en cours d’actualisation par Offices de tourisme de France (OTF).

En Nouvelle-Aquitaine, les offices de tourisme étaient près de 300 en 2015, et seront environ 150 à la fin 2018. Alors où en sommes-nous aujourd’hui du point de vue de la communication entre élus, DGS et offices de tourisme ? Pour mieux communiquer, un chantier prioritaire s’imposait. Mieux se connaître !

Qui sont les élus au tourisme des établissements publics de coopération intercommunale ?

Présenté en avant première, à l’occasion du séminaire des directeurs des offices de tourisme de Nouvelle-Aquitaine #NADOT18, voici le résultat de l’enquête réalisée du 26 avril au 11 mai 2018 auprès des offices de tourisme de France. 202 offices de tourisme ont répondu à l’enquête. Elle leur a été adressée via les relais territoriaux et le groupe privé des directeurs d’offices de tourisme sur les réseaux sociaux.

A quel titre l’élu-e est-il-elle en charge du tourisme ?

Pour 78% des répondants, l’élu en charge du tourisme est vice-président au tourisme ou adjoint au maire. Dans 18% des cas, il est le président de l’EPCI ou le maire. A peine 4% de socio-professionnels assurent la direction du tourisme.

En plus du tourisme l’élu-e a t-il-elle d’autres délégations ? Si oui laquelle-lesquelles ?

Presque 50% des élus ont une seconde délégation en plus du tourisme. Dans 25% des cas il s’agit du développement économique et 10% la culture. On note tout de même quelques incohérences. Par exemple, eau/GEMAPI, santé, ressources humaines, finances, sport, numérique…

Quel est son sexe et son âge ?

Dans 73% des cas, il s’agit d’un homme qui a entre 50 et 80 ans. À noter que 60% des maires ont 60 ans ou plus. En moyenne, les femmes ont 10 ans de moins que les hommes, mais elles ne représentent que 27% des élus au tourisme. Il est évident que la parité est loin d’être de rigueur. Notons que c’est dans la strate des EPCI de 70 à 100 000 habitants que la proportion de femmes élues au tourisme est la plus importante. Elle n’est toutefois dans ce cas que de 40%.

Quelle est sa catégorie socioprofessionnelle et niveau de formation ?

Notre élu est cadre dans 32% des cas. Mais il est aussi commerçant-artisan pour 13% des réponses. Il a toutefois une fonction bien pratique et souvent majoritaire chez les élus : il est retraité (22%). Son niveau de formation est supérieur à bac+2 pour 33% des réponses. Sauf que 50% des répondants n’ont pas répondu à la question, donc difficile d’en faire une généralité.

Voici notre élu au tourisme !

Nous l’appellerons, Monsieur Jolies-Moustaches. Il a 65 ans, c’est un retraité de la fonction publique territoriale où il était cadre. Maire d’une commune de moins de 2000 habitants. Il est aussi Vice-président de la communauté de communes, en charge du tourisme. Mais avant tout, il est le MAIRE de sa commune. Et surtout, il n’écoute que les conseils de son ou sa Directeur.rice Général.e des Services. Mais qui est ce troisième personnage qui vient mettre son nez dans ce couple déjà si fragile ?

Qui sont les Directeur.rice Général.e des Services ?

Selon l’ADCF, sur la totalité des EPCI ce sont majoritairement des hommes, mais sur les 1009 communautés de communes les femmes DGS sont majoritaires à 53%. Toutefois la parité disparaît presque totalement dès lors que l’EPCI augmente en taille avec un taux 83% de DGS hommes.

De l’étude réalisée en 2016 par David Guéranger, sociologue, à l’initiative de l’Association des Directeurs Généraux des Communautés de France et du Groupe Caisse des Dépôts et en partenariat avec le laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés de l’École des Ponts, il ressort 3 profils de DGS : le commissaire, le notable et le missionnaire…

Le contexte de la profession a fortement évolué. La réduction du nombre d’EPCI a renforcé la concurrence entre les DGS. Elle apporte un sentiment d’insécurité professionnelle de plus en plus marqué. Même si les avantages matériels et le prestige symbolique de la fonction restent des facteurs de motivation importants, ce coût professionnel (et personnel) semble d’autant moins supportable que les conditions d’exercice du métier supposent déjà de consentir un ensemble de « sacrifices » : très grande disponibilité, une charge de travail importante, ambivalence structurelle de la position, renforcement des contraintes de gestion, relégation des tâches valorisées liées au(x) « projet(s)».

Le DGS “commissaire”

Il a entre 40 et 50 ans, c’est le compagnon de route du président. C’est souvent un élu avec une forte notoriété. Sans formation spécifique “collectivité locale” mais fortement diplômé, il a une expérience professionnelle dans le privé. C’est un DGS/DIRCAB, qui est au service du projet politique porté par le Président. Il aime que les dossiers validés par le Président avancent rapidement.

Le DGS “notable”

Il est un peu plus âgé que le “commissaire”. Moins diplômé, il bénéficie en revanche d’une forte expérience sur le fonctionnement de la collectivité. Il a participé à la construction (parfois seul au début), puis au développement de l’institution intercommunale qu’il dirige depuis lors, indépendamment des éventuelles alternances politiques. Le DGS notable connaît parfaitement les élus et le territoire. Il va renforcer la cohésion du groupe, créer une culture commune par des moments de convivialité avec les élus.

Le DGS “missionnaire”

C’est souvent une femme, elle a fait toute sa carrière dans la fonction publique territoriale, elle est diplômée Bac+5 et plus. Elle juge ses compétences «universelles », valables quel que soit le territoire, l’institution, mais aussi quelle que soit l’orientation politique majoritaire. Elle apporte aux élus les éléments techniques, juridiques et pédagogiques pour vont leur permettre de prendre des décisions.

 

La suite du travail

Un plan d’actions est en cours d’élaboration. Maintenant que les profils sont connus, l’objectif de ces outils est d’améliorer la communication entre les élus, les DGS, et les DOT :

  • Une révision complète de la boîte à outils “Metteur  en scène de territoire”,
  • des journées de formation à destination des élus
  • un programme de formation adapté pour les futurs élus au tourisme et leurs DGS/DGA,
  • mais aussi des formations à destination des directeurs d’offices de tourisme.

Synthèse

Retrouvez le support de présentation, qui synthétise les analyses menées sur le sujet. En attendant le plan d’actions, partagez-nous vos retours d’expériences !